Château de Montchenin
Toulon-sur-Allier - France

L'histoire de Montchenin

Le premier possesseur connu de la maison noble de Montchenin est Pierre Gouat en 1462.
Il s'agit alors d'une maison forte sur motte établie légèrement à l’ouest du château actuel.
En 1485, le duc Jean II de Bourbon confirme les privilèges dont jouit la seigneurie de Montchenin. C’est à cette époque que fut élevé le 2ème château, aujourd’hui disparu.

Dans son inventaire du duché de Bourbonnais en 1569, Nicolas de Nicolay, géographe et valet de la chambre du roi Charles IX cite la maison noble de Montchenin dans la paroisse de Toulon sur Allier. En 1594, elle appartient à noble Jehan de Garnault qui la vend à noble Yves Brinon, conseiller du roi, maître des requêtes ordinaires de l'hôtel de la reine, lieutenant général civil et criminel de Montaigut en Combraille. La grande grange à pans de bois, encore existante, fut construite à cette période. En 1652, la seigneurie de Montchenin est vendue à Jean Talon.

Au début du XVIIIe siècle, Montchenin rentre dans le patrimoine de Jean-Baptiste des Gallois de La Tour, ancien Intendant de Bretagne et du Poitou, qui fut ensuite Premier Président du Parlement de Provence et Intendant de Provence de 1734 à 1747. Il fait quelques séjours à Montchenin mais il réside principalement à Aix en Provence.
C’est en son honneur, que son nom a été gravé sur la colonne centrale de la fontaine de l’hôtel de ville d’Aix en Provence. L’aîné de ses fils, Charles Jean-Baptiste lui succède dans ces fonctions de 1748 jusqu’à la suppression définitive des Parlements en 1790. Son petit-fils Etienne-Jean-Baptiste sera le premier évêque nommé de Moulins en 1788 puis sera archevêque de Bourges.

En 1751, François Rabouine, ancien Receveur Général des Fermes du Roi à Moulins, achète la seigneurie de Montchenin.
Il trouve l'ancien château dans un état de délabrement très avancé, le fait détruire et entreprend la construction du château actuel tout en conservant les anciens communs. Il meuble alors sa nouvelle demeure par des achats venant de Paris. Il s’agit d’une luxueuse demeure, bâtie sur le modèle des Folies du sud de la France. De nombreux domaines et métairies dépendent alors de la terre de Montchenin. La seigneurie s’étend à cette époque sur les paroisses de Toulon sur Allier, Chemilly et Souvigny le Thion, sans compter d’autres biens tels que des vignes sur la commune d’Yzeure. N’ayant pas d’enfant, il transmet Montchenin à son neveu François Le Brun de Royécourt, ancien officier au régiment de Béarn, puis Conseiller du Roi au Conseil Supérieur de Cayenne, et enfin Régisseur des Domaines Fonciers de la Couronne en 1777 à Paris. A son décès en 1784, François Le Brun de Royécourt transmet les seigneurie, terre et château de Montchenin à sa fille Elisabeth, épouse d’Hubert Collot. Celui-ci, avocat au Parlement de Paris, est aussi l’homme de confiance du Prince de Condé pour ses domaines du Bourbonnais. Hubert Collot agrandi la terre de Montchenin par quelques achats, mais ses successeurs réduiront l’étendue de celle-ci lors de partages ou de ventes ayant lieu au XIXème siècle.

Au cours des XIXème et XXème siècles, Montchenin est transmis successivement par héritage, souvent de mère en fille, ou d’oncle à nièce, jusqu'à ses propriétaires actuels qui ont entamé sa restauration. Lorsque ceux-ci le reçoive au début des années 60, il pleut jusqu’au rez-de-chaussé et les murs se lézardent. Ils entament de gros travaux pour sauver le bâtiment, en refaisant l’ensemble de la toiture, et refaisant les fenêtres pour mettre le bâtiment hors d’eau. Au cours des années 90 et 2000, ils s’attaquent à solidifier la structure des murs et refaire l’ensemble des façades extérieures. Ils s’attachent ensuite à remettre en état les toitures des communs ainsi que redonner forme aux jardins. Les aménagements intérieurs font parties des projets futurs.

Inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1971, il a fait l'objet d'un complément d'inscription en 2000 pour son ensemble (intérieur et extérieur du château, les communs, le parc, l'allée de platanes)

Parchemin du duc Jehan II de Bourbon (1485), confirmant les provilèges dont jouit Montchenin.
François-Pierre Le Brun de Royecourt (17xx - 1784), propriétaire de Montchenin.
Abel Chabot (1839 - 1922), propriétaire de Montchenin.